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La médecine nucléaire est une technique d’imagerie médicale permettant la mise en image du corps humain à l’aide de produits radioactifs. Cette technique est sans danger et sans douleur.
Contrairement à la radiologie diagnostique qui évalue principalement l’anatomie des organes ou des tissus, la médecine nucléaire permet en plus l’évaluation du fonctionnement de la structure étudiée.
Lors d’un examen en médecine nucléaire, un produit légèrement radioactif (radiopharmaceutique), émetteur de rayons gammas, est injecté par voie intraveineuse. Il se fixe alors au niveau de tissus et d’organes spécifiques.
Ensuite, après un délai variant selon la structure à visualiser, la mise en image est effectuée à l’aide d’une gamma-caméra. Cette dernière détecte chaque gamma émis et à l’aide d’un ordinateur couplé à la caméra, une image est obtenue (scintigraphie).
La quantité de radiation émise lors d’un examen de médecine nucléaire est comparable à celle reçue durant une étude utilisant des rayons-X et ce, peu importe le nombre de photos effectuées.
Les techniques d’imagerie par médecine nucléaire font partie intégrale des soins au patient et permettent souvent d’identifier des anomalies très précocement, longtemps avant que certains problèmes médicaux ne deviennent apparents à l’aide d’autres tests diagnostiques.
De nos jours, la médecine nucléaire offre près d’une centaine de types d’examens différents qui peuvent être utiles à une grande variété de spécialités médicales, de la pédiatrie à l’oncologie et à la cardiologie.
Scintigraphie osseuse
La scintigraphie osseuse est un examen qui apporte une quantité importante d’informations sur le système osseux. Elle permet l’évaluation de tous les os du corps et ce, sans augmenter la dose de radiation reçue par le patient.
Tout d’abord, elle est très utile pour mettre en évidence une pathologie générale ou possiblement multi-focale et d’en faire le suivi. Ainsi, la scintigraphie osseuse est un examen très efficace pour faire le suivi de l’évolution de lésions osseuses secondaires à des affections néoplasiques.
Aussi, comme la scintigraphie osseuse est un examen très sensible, elle permet la détection de certaines pathologies osseuses très précocement, avant même sa traduction radiologique. Par exemple, la présence d’une ostéochondrite de la hanche chez l’enfant, d’une ostéomyélite, d’une ostéoarthrite aiguë, d’une ostéonécrose ou d’une algodystrophie peut être détectée de façon précoce et ainsi débuter rapidement le traitement approprié.
La scintigraphie osseuse permet de localiser et de déterminer l’étiologie d’une lésion lorsque le patient ressent une douleur, mais que la radiographie s’avère normale. De très petites lésions peuvent être détectées, comme par exemple les fractures de stress.
La scintigraphie de perfusion myocardique
L’étude de perfusion myocardique est un examen qui permet de façon très sensible (85%) et spécifique (95%) la détection de maladies coronariennes. Elle est la méthode la plus précise pour évaluer l’importance d’une sténose des artères coronariennes. De plus, la scintigraphie de perfusion myocardique permet de stratifier les risques qu’il se produise un évènement cardiaque chez des patients atteints de maladie coronarienne. Les risques qu’il survienne un évènement chez un patient qui obtient un résultat normal sont seulement de moins de 1% dans l’année suivant le test.
La scintigraphie myocardique se fait en deux étapes : une étude au repos et l’autre à l’effort sur le tapis roulant ou sous stimulation pharmaceutique au Persantin. Lors de chacune de ces étapes, du SESTAMIBI-Tc99m est injecté au patient ce qui permet de faire deux mises en images (une au repos et une à l’effort). Le médecin spécialiste pourra par la suite comparer la perfusion myocardique au repos et celle à l’effort.
La scintigraphie rénale
L’étude des reins en médecine nucléaire s’effectue sous deux aspects. Tout d’abord, la scintigraphie rénale au MAG3-Tc99m permet d’évaluer la mesure fonctionnelle des reins. De plus, l’administration de médicament avant ou pendant l’examen peut fournir des renseignements additionnels. Par exemple, le captopril lorsqu’il est donné une heure avant l’examen permet le diagnostic d’une hypertension d’origine rénovasculaire. L’injection de furosémide quant à elle démontre entre autres la présence d’obstruction du système rénal.
La morphologie rénale est le deuxième aspect pouvant être étudié par la médecine nucléaire. Cette technique est réalisée par l’administration intraveineuse de DMSA-Tc99m. Elle est utilisée pour évaluer l’état du cortex rénal, par exemple lors de pyélonéphrite ou de kyste.
Scintimammographie
La scintimammographie est souvent réalisée en complément de la mammographie. En effet, elle facilite le diagnostic chez les patientes ayant des seins difficiles à évaluer (par exemple les seins trop denses ou trop volumineux).
La scintimammographie est effectuée en injectant un produit légèrement radioactif dans une veine du pied. Par la suite, une mise en image permet au médecin spécialiste d’orienter le diagnostic, et ce avec un haut niveau de confiance. Il est intéressant de noter que contrairement à la mammographie, les images sont obtenues sans la compression des seins.
Système hépatique
En médecine nucléaire, il existe trois types d’examens pour l’évaluation du système hépatique. Tout d’abord, la scintigraphie hépatique aux colloïdes-Tc99m permet d’évaluer l’intégrité fonctionnelle des cellules hépatiques. Ainsi, des lésions focales (kyste, abcès) ou des atteintes diffuses (stéatose, cirrhose) peuvent être détectées.
La scintigraphie aux globules rouges-Tc99m permet d’évaluer la vascularisation hépatique. En combinaison avec une scintigraphie hépatique, cette technique est très efficace pour détecter les hémangiomes hépatiques.
Les voies biliaires peuvent également être visualisées en médecine nucléaire. En effet, en injectant du IDA-Tc99m, on peut suivre la formation de la bile ainsi que son élimination. Cet examen est particulièrement utile pour détecter différentes pathologies, comme par exemple une cholécystite aigue ou chronique. Aussi, une scintigraphie au IDA-Tc99m jumelée avec une scintigraphie aux colloïdes-Tc99m permettent le diagnostique d’une hyperplasie focale nodulaire.
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